Petit guide de survie de la photographie hivernale

Lorsque l’on commence à déblatérer sur la météo, c’est souvent parce que l’on n’a plus grand-chose à dire! Toutefois, en ce moment, chialer sur l’hiver que nous sommes en train de subir au Québec m’apparaît totalement légitime. 

Parce que oui, je dois l’admettre, avec l’épaisse pluie verglaçante qui s’affaire en ce moment à voiler les fenêtres de mon bureau, je commence à en avoir ras-le-bol du cocktail météo hivernal 2017-2018. Et le mot est faible!

Bref…!

Au-delà de ma propre frustration, une autre conséquence néfaste des conditions exécrables des dernières semaines s’avère la difficulté de planifier des sorties photo ou vidéo à l’extérieur.

Que ce soit pour immortaliser les paysages enneigés ou seulement continuer à faire du street en ville, l’alternance de froid extrême et de bordées de neige complique inévitablement les choses.

Ce qui nous amène à une grande et éternelle question : est-il possible de faire de la photo ou de la vidéo en hiver sans trop «se casser le bicycle»?

Oui, avec le bon équipement et les précautions appropriées, c’est possible!

Ne vous attendez tout de même pas à des solutions miracles pour le verglas et nos fantastiques -40 degrés Celsius, mais tout de même, ces quelques petits trucs et notions devraient vous aider à profiter de votre passion l’hiver aussi.

Alors, le froid, qu’est-ce que ça fait à une caméra?

Malgré sa mauvaise publicité (bien que souvent amplement méritée), le froid n’engloutira pas votre appareil photo dans un vortex de destruction. Ainsi, les plus froides températures affecteront principalement le contraste, les couleurs et le taux de rafraîchissement de l’écran de votre caméra, la durée de vie de sa batterie et, à l’occasion, l’efficacité de son mécanisme.

D’entrée de jeu, une bonne façon de minimiser les effets du froid sur sa séance de photographie et de pouvoir la prolonger quelque peu est donc d’abord d’avoir avec soi plusieurs batteries. Laissez-les au chaud dans votre manteau et sortez-les au besoin.

En ce qui concerne votre écran LCD (ou ACL comme dirait l’Office québécois de la langue française), utilisez autant que possible votre viseur optique si votre appareil en est doté d’un.

Cela dit, si comme nous vous êtes passés à l’ère des caméras sans miroir coiffées d’un viseur numérique, vous devrez apprendre à composer avec ses petits travers lorsque soumis à des températures plus difficiles.

Mentionnons également que les plastiques deviennent généralement plus fragiles lorsque soumis au froid. Portez donc une attention particulière lorsque vous ouvrez les petites portes qui donnent accès à votre batterie et votre carte mémoire et, surtout, ne forcez rien!

L’ennemi #1 de la photographie hivernale : la condensation

Comme vous venez de le lire, le froid n’anéantira pas votre appareil photo. Étonnamment, c’est plutôt lorsque vous rentrerez vous réchauffer à l’intérieur que votre caméra courra un plus grand risque.

Dites bonjour au merveilleux procédé de la condensation! (Je n’irai pas vous refaire un cours de science du secondaire, n’ayez crainte!)

Tout comme la buée qui se dépose sur vos lunettes lorsque vous rentrez de l’extérieur par temps froid, de l’équipement froid risque d’attirer l’humidité. Et qui dit humidité, dit eau…

Eau et électronique, vous connaissez probablement déjà la recette!

Bref, afin d’éviter d’éventuels problèmes, assurez-vous toujours de bien éteindre votre boitier (voire de retirer la batterie) lorsque vous rentrez à la maison et de le laisser prendre la température ambiante un certain moment avant de vous en servir à nouveau. Vous protégerez alors votre caméra des courts-circuits et autres soucis électroniques.

Pour accélérer le processus, vous pouvez amener avec vous un grand sac hermétique du type «ziplock» lors de votre sortie et y insérer votre appareil pendant que vous êtes encore dehors avant de revenir à l’intérieur.

De cette façon, l’air sec hivernal enveloppera la caméra pendant qu’elle prend la température de la pièce et la condensation se formera sur l’extérieur du sac plutôt que directement sur l’appareil!

Utilisez votre jugement…

Au final, il reste que votre meilleur atout afin de parvenir à réaliser une séance de photographie hivernale sans heurts est de vous fier à votre jugement.

Il fait -40? La poudrerie vous aveugle? La pluie verglaçante tombe sans arrêt depuis des heures? Oubliez votre sortie, remettez votre tournage, vous vous reprendrez une autre fois!

Il va de même si vous sortez par temps froid et que votre appareil commence à faire des free games. Le cas échéant, éteignez-le, retirez la batterie et laissez-le se reposer quelques heures! La survie de votre appareil vaut souvent plus que quelques photos supplémentaires.

Et n’oubliez pas vos mains!

Faire de la photo ou de la vidéo l’hiver, c’est aussi savoir bien s’habiller, en particulier au niveau des mains. Parce que disons qu’avec les températures qui nous affectent depuis quelques semaines, s’aventurer à l’extérieur les mains nues n’est pas vraiment une option!

Si les conditions sont clémentes, choisissez des gants imperméables, permettant une bonne prise en main.

Si, au contraire, le froid extrême est de la partie, optez plutôt pour des gants ou mitaines doublés qui proposent deux épaisseurs et n’enlevez que la couche du dessus au besoin. Sur certaines paires plus spécialisées, il est possible de découvrir seulement quelques doigts ou une partie de la main sans devoir retirer la couche du dessus au complet. Pratique!

Sur ce, soyez prudents, prenez soin de votre matériel et amusez-vous malgré le climat polaire!

 

Par Raphaël Lavoie

Partager sur :